Le gardien

Le gardien du refuge

Mon parcours de vie avant d’être gardien du refuge du Pelvoux

Je suis originaire de la région des Corbières, près de Narbonne, au pied des Pyrénées. Depuis tout petit, mes parents nous ont transmis cette passion pour la nature en général, la montagne en particulier. Nous allions régulièrement dans les Pyrénées Orientales, notamment autour de Matemale, mais aussi dans les Alpes. Durant mes années d’étude à Toulouse en électrotechnique, je faisais partie d’un club de montagne universitaire, c’est là que j’ai vraiment commencé l’escalade,    l’alpinisme et le ski de randonnée. J’ai ensuite decidé d'abandonner l'électrotechnique, ressentant un réel besoin de « reconnexion ».

J’ai obtenu un visa vacances-travail pour la Nouvelle Zélande. C’est là que, bénévolement, j’ai pu garder une cabane de montagne pour la première fois pour une semaine : la French Ridge Hut. Accueillir les usagers, donner des conseils, organiser les secours, tenir le lieu en état, j’ai ainsi découvert quelques aspects du métier de gardien de refuge. Dès mon retour en France, j’ai donc postulé pour devenir aide gardien. J’ai notamment travaillé à Bayssellance, dans l’ancien refuge du Goûter, au Col de la Vanoise, au Chatelleret, à Albert 1er. J’ai également gardé la cabane Tortin à Verbier en Suisse où j’ai perfectionné mes compétences en cuisine.

Je suis ensuite parti, de 2013 à 2016, autour du monde, à vélo et en solitaire. Cette aventure a avant tout confirmé mon amour pour la nature, et j’ai compris que c’était en montagne que je voulais vivre. Je me suis aussi rendu compte à quel point la nature pouvait être en danger, en tous points du globe. J’ai également appris à improviser, faire ce que je pouvais avec les moyens du bord. Enfin, j’ai pu découvrir quel était le mode de fonctionnement de nombreuses cabanes de montagne tout au long de mon parcours, notamment en Argentine, en Australie, Taïwan et au Japon.

De retour en France, j’ai travaillé deux saisons en tant que second au refuge des Écrins, avant de devenir le gardien du refuge du Pelvoux.

Ce que j’aime particulièrement dans ce métier

La première vocation du gardien à laquelle je tiens particulièrement est d’accompagner les randonneurs ou les alpinistes dans leur émerveillement face à la nature. J’aime accueillir, transmettre, sensibiliser à la fragilité du milieu qui nous entoure.

Un autre aspect que j’aime particulièrement, c’est le côté couteau-suisse du gardien de refuge. Ce métier a plein de facettes. Nous devons accueillir, cuisiner, réparer, héberger, organiser des secours… pas de place pour l’ennui ! Et tout comme lors de mon voyage en vélo, je redécouvre en refuge la débrouille et le système D. En cas de fuite, inutile de compter immédiatement sur le plombier.

Bien évidemment, le cadre de travail est exceptionnel. Nous sommes loin de la cacophonie de la vallée et côté paysage, on en prend plein les mirettes !

Le gardien du refuge

 

Ce que j’aime particulièrement dans ce refuge

Je recherchais initialement un refuge orienté vers l’alpinisme, dans les Hautes Alpes. Avec plus de 80% d’alpinistes pendant l’été 2020, on peut dire que j’ai trouvé chaussure à mon pied. Cependant, je suis ravi d’accueillir aussi les randonneurs qui montent à la journée ou pour une nuit en montagne.  Le juste mélange entre ces deux catégories d’usagers me convient parfaitement.

Le cadre est également un juste équilibre entre des paysages variés. Le refuge est situé sur un petit plateau au bord du canyon du clot de l’homme, sculpté par le torrent directement issu du glacier. Le refuge bénéficie d’un ensoleillement maximum avec pas moins de 12 heures de soleil lors du solstice d’été. On y trouve un côté très minéral, typé haute montagne. Cependant la verdure autour du refuge est aussi très agréable, surtout pour les marmottes et les chamois habitant ce petit coin de paradis. L’aspect historique du refuge, avec le refuge Lemercier à quelques pas du refuge principal, est aussi très intéressant. Les lieux ont accueilli des générations d’alpinistes en route vers les sommets.